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Suisse: la BNS campée sur sa politique monétaire mais vigilante face à la guerre au Moyen-Orient
information fournie par Boursorama avec AFP 19/03/2026 à 13:43

( AFP / FABRICE COFFRINI )

( AFP / FABRICE COFFRINI )

La banque centrale suisse a sans surprise laissé jeudi son taux d'intérêt directeur inchangé à 0%, mais a relevé sa prévision d'inflation pour 2026 en raison de l'incertitude économique qui "s'est nettement accrue avec le conflit au Moyen-Orient".

la Banque nationale suisse (BNS) est cependant "davantage disposée à intervenir sur le marché des changes" pour "contrer une appréciation rapide et excessive" du franc suisse, qui "menacerait la stabilité des prix" dans le pays alpin, a-t-elle indiqué dans un communiqué détaillant sa décision trimestrielle de politique monétaire.

"En période d'incertitude, le franc joue le rôle de valeur refuge", a déclaré le président de la BNS, Martin Schlegel, lors d'une conférence de presse à Zurich. "La pression à la hausse s'est encore accentuée avec l'escalade au Moyen-Orient", a-t-il relevé.

La fermeté du franc suisse par rapport à d'autres devises, comme le dollar ou l'euro, a pour effet non seulement de réduire l'inflation pour les produits importés en Suisse, mais aussi de réduire la croissance dans le pays, a rappelé Martin Schlegel. Les taux d'intérêts sont "nettement plus bas en Suisse qu'à l'étranger" et cet écart de taux aide à contrer "la pression à la hausse sur notre monnaie", a-t-il souligné.

Depuis la dernière réunion trimestrielle de la BNS en décembre, "la valeur du franc pondérée par le commerce extérieur s'est ainsi accrue d'environ 2,5%", a précisé M. Schlegel.

L'inflation est très faible en Suisse. Elle s'est limitée à 0,2% en moyenne sur l'année 2025 et stagne depuis décembre à 0,1%. Le défi pour la BNS est donc davantage de lutter contre les poussées de fièvre de sa monnaie, qui fait partie, comme l'or, le yen japonais ou les emprunts allemands, des valeurs très recherchées par les investisseurs en cas d'incertitude économique ou de tensions géopolitiques.

- "Deux outils" -

"Nous continuerons donc d'observer attentivement la situation et adapterons si nécessaire notre politique monétaire", a annoncé M. Schlegel, rappelant que la BNS a "deux outils" à sa disposition, qui sont le taux d'intérêt et les interventions sur les marchés de change.

Compte tenu de la hausse des prix de l'énergie "due à l'escalade au Moyen-Orient", l'inflation "devrait augmenter de façon plus marquée au cours des prochains trimestres", a noté la BNS.

Elle a en conséquence relevé sa prévision d'inflation à 0,5% pour 2026 (contre 0,3% auparavant), mais l'a abaissé à 0,5% pour 2027 (contre 0,6% précédemment), M. Schlegel estimant qu'à "moyen terme" la pression inflationniste n'a "pratiquement pas changé".

La BNS estime également que "la croissance de l'économie mondiale devrait ralentir quelque peu de manière passagère" et que les perspectives pour la Suisse sont "incertaines" pour "les prochains mois".

Mais la banque centrale a laissé sa prévision de croissance du pays en 2026 inchangée, à "environ 1%", dans la mesure où elle s'attend à "une certaine reprise" à moyen terme, même si l'économie suisse devrait évoluer "de façon plutôt mitigée" à court terme. Pour 2027, elle table sur une croissance d'environ 1,5%.

La banque centrale américaine (Fed) a laissé mercredi ses taux directeurs inchangés et ce statu quo de la BNS était largement anticipé. Les 21 économistes interrogés par l’agence suisse AWP s'attendaient tous sans exception à un maintien du taux directeur à 0%.

Dans une note de marché, GianLuigi Mandruzzato, économiste de la banque suisse EFG, a relevé que la BNS avait donné jeudi "une indication claire" selon laquelle elle "privilégiera les interventions sur les marchés des changes plutôt que les baisses de taux".

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